Après avoir fait table rase de mes pratiques précédentes mais nourrie et enrichie de ces expériences, je reprends le chemin de la recherche, chemin qui se crée pas à pas entre lumière et ténèbres, parfois dans le combat, parfois dans un dialogue accepté de ces deux mondes. Libérée de la matière, je me libère peu à peu de la couleur. Noir et blanc se conjuguent ou s’opposent. La surface reste lisse, le pigment est utilisé à sec, simple poudre déposée ou écrasée dans les fibres du papier ou encore liquéfié. Le support joue la lumière, alimenté parfois par un blanc de titane. Le jeu du clair et de l’obscur se met en place, le surgissement et la disparition aussi. Le hasard porte parfois seul l’image, retravaillée à certains endroits pour rendre la netteté de l’apparu. Le monde naît, le monde s’efface. Rien n’est certain , le clair et l’obscur se tiennent l’un l’autre pour ne pas disparaître. Le vide n’est pas loin, il se voile de quelques impressions fugitives. Parfois l’humain se montre au hasard des vestiges de ses tours de Babel minérales, donnant par sa seule présence l’échelle de son monde ou de sa vision oscillant entre macrocosme et microcosme.
Je suis cette ombre à peine écrite n’ayant comme seule démarche, que d’avancer sur ces chemins .